Interview avec Jérémy Backpacker : Le slow backpacking est-il l'avenir du voyage ?

Updated: Aug 3

1. Comment t'appelle-t-on et par quel nom ton public te connaît-il ?


Hello ! Je suis Jérémy, petit backpacker belge reconverti en blogueur voyage spécialisé sur les PVT (Permis/Progamme Vacances Travail) en Australie et en Nouvelle-Zélande (et le backpacking en général).


Les gens qui suivent mes aventures me connaissent plutôt sous le nom “Jeremybackpacker”, pseudo Instagram choisi un peu au hasard au début de mon aventure australienne qui est finalement resté.Il était donc naturel d’appeler mon blog voyage jeremybackpacker.com!


2. Comment es-tu devenu passionné par les voyages ?


Beaucoup de voyageurs racontent que cette envie de découvrir le monde est apparue dès leur plus jeune âge. Moi, pas du tout, haha.


C’est seulement une fois mon diplôme obtenu et après une année et demie en CDI dans une grosse société à Bruxelles que j’ai commencé à chercher des alternatives. Je réalisais que je rentrais dans une routine si prévisible qu’elle me faisait peur.


J’ai commencé à m’intéresser au voyage, et j’ai découvert l’opportunité incroyable que représente le visa PVT (et notamment le Working Holiday visa en Australie). Alors j’ai troqué mon job et mon appart contre un aller simple pour Perth.

Mon arrivée à Perth


Je partais pour 6 ou 8 mois, seul, sans plan. Sans savoir qu’en fait, 3 ans et demi de voyage m’attendaient entre l’Océanie et l’Asie du Sud-Est.


3. Comment as-tu pris conscience des problématiques environnementales?


Durant nos 6 mois passés en Asie du Sud-Est avec ma copine rencontrée en Australie justement. Elle était déjà végétarienne à l’époque et bien plus consciente que moi de tout ce qu’on faisait à l’envers sur terre.


Elle m’a fait regarder des documentaires, sans me juger, et ça a tout changé. J’ai continué à m’informer depuis, je suis devenu végé aussi. Mais rapidement, on se rend compte que tout est lié, donc ma vision du voyage a complètement changé également.


À ma petite échelle, que ça soit sur Instagram ou sur le blog, je tente de faire passer des messages sur le slow tourisme (ce qui est en accord avec les PVT, car en général tu pars pour un an minimum pour une même destination), le fait de vraiment penser ses déplacements, etc.


J’ai d’ailleurs fait un post Instagram où je partage 40 documentaires qui profondément changer ta vision des choses sur beaucoup de sujets (alimentaire, société, tourisme,...).


4. Quels sont, selon toi, les enjeux environnementaux de l'industrie du tourisme ? Fais-tu attention à ton propre impact sur l'environnement durant tes voyages ?


On a complètement omis le fait que voyager était un luxe. Le voyage s’est “trop” démocratisé. Le tourisme de masse va devoir cesser, qu’on le veuille ou non.


C’est difficile d’en parler sans faire culpabiliser. Expliquer à des gens qui travaillent toute l’année que prendre l’avion aller-retour pour aller à l’autre bout du monde pour 2 semaines est un des pires gestes d’un point de vue écologique, ce n’est pas simple.


Nous sommes devenus égoïstes, il faut qu’on reprenne réellement conscience de l’impact qu’a le fait de voyager. Que ça soit pour les populations locales ou pour l’environnement.


L’autre vrai problème, c’est l’incohérence de l’industrie du tourisme et du transport. Si tu veux voyager intra-Europe, ça te revient 2, 3 ou 4 fois plus cher de prendre le train ou le bus à la place d’un vol en avion.


Comment s’attendre à ce qu’on change tous nos habitudes si la solution la plus pratique et la plus rapide est de loin la moins chère ? Dès que ça touche au portefeuille, ça complique tout.


5. Tu exprimes que tu pratiques cette idée de "slow travel" - alors qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'elle a de bon ?


Ce que j’entends par “slow backpacking”, c’est le fait de voyager en prenant son temps. Quand tu décides de profiter d’un pays ou d’une région du monde pour longtemps, tu réduis drastiquement ton impact.


Les “tours du monde” qui incluent 30 destinations, 15 vols pour moins d’un an, ça n’est absolument plus quelque chose qui m’attire.


Sans trop le vouloir, je l’ai pratiqué depuis le début. J’ai passé 2 années en Australie (alors certes, c’est un immense pays et j’ai pas mal bougé) et 10 mois en Nouvelle-Zélande. Deux destinations en presque 3 ans seulement. C’est aussi pour ça que j’aime parler du PVT, car tu pars pour longtemps.


Quant à nos 6 mois en Asie, on n’a pas été exemplaire. Même si on a traversé plusieurs frontières par voies terrestres, qu’on voyageait souvent local (train/bus) et que l’on consacrait en moyenne 1 mois par pays, on a quand même pris plusieurs vols.

Chose qu’on ne ferait plus aujourd’hui.

Je ne pense pas qu’on doive arrêter de “voyager”, mais je suis persuadé qu’on doit réapprendre à le faire. S’intéresser à ce qu’on a près de chez nous, sur notre propre continent. Être fier de s’émerveiller d’une destination qu’on visite en réduisant notre impact. En arrêtant de participer à la destruction de ce qu’on veut explorer, en fait.


6. Parle le nous d'une destination que tu as visité et que tu recommandes à nos lecteurs.


Pour rebondir sur ce que je viens de dire, j’ai envie d’esquiver un peu cette question en posant une question à ceux et celles qui liront ceci : Est-ce que tu as déjà exploré ton propre pays ?


Ou même des pays voisins. J’ai un peu honte d’avouer que je connais bien mieux l’Océanie que l’Europe. Et c’est quelque chose auquel je veux remédier à l’avenir.


La pandémie mondiale liée au Covid-19 est une crise sans précédent. Mais elle nous a forcés à repenser nos plans de voyage. Quand je creuse un peu, je me rends compte que nos voisins français ont l’un des plus beaux pays du monde. Il y a absolument tout en France, et pourtant je ne l’ai jamais explorée.


7. Qu'est-ce que tu aimes faire, à part voyager ?


Ça peut sonner cliché, mais depuis que je m’investis beaucoup plus dans le blogging, cet aspect me passionne énormément. La rédaction, le référencement, le SEO. Puis quand c’est pour écrire sur des sujets qui me passionnent, c’est d’autant mieux.


Je bosse actuellement sur un projet de formation pour aider ceux et celles qui veulent eux aussi apprendre à partager leur passion pour le voyage, ou faire passer leur message. Plusieurs personnes qui veulent parler de tourisme responsable ou de slow travel ont plein de choses hyper passionnantes à dire (comme vous les copains !), mais c’est vraiment que se faire une petite place dans le monde du blog n’est plus aussi simple qu’auparavant ! J’explique tout ça ici.


Sinon, j’aime beaucoup le sport de manière générale. Ah, et je lis de plus en plus, les livres c’est une des choses les plus sous-cotées de notre génération, je me le dis chaque fois que je termine un bouquin !


8. Quel est l'endroit qui t'a le plus rapproché de la nature ?


La Nouvelle-Zélande, sans hésitation. Alors, je sais que la NZ joue énormément sur le côté tourisme responsable, mais c’est beaucoup de marketing malheureusement, la réalité est autre…


Ceci dit, quand je me suis retrouvé face au Mt Aoraki/Cook et sa chaine de glaciers des Alpes du Sud, j’ai pris une des plus grosses claques de ma vie.

Je me suis rarement senti aussi petit et aussi insignifiant face à la nature. Je n’ai pas honte de dire que j’étais ému face à mère Nature. Ce genre d’endroit et de sensations remet encore plus les idées en place.


Il est temps que l’humain reprenne conscience que nous ne sommes rien face à notre planète Terre et au vivant. Nous sommes de simples invités et nous devrions protéger et chérir la nature, la biodiversité, la faune et la flore, au lieu de la piller pour un confort démesuré.


Le temps nous est compté, et notre sort est entre nos mains.


Merci à toi Helena et ton équipe pour ce que vous faites. On a besoin que des initiatives comme Just Smile voient le jour et nous guide dans la bonne direction !


Jérémy


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